Nicole Mangin: Féministe et humaniste
Historique
Auto édition
23/09/2024
Broché et Kindle
195
J’ai beaucoup aimé Nicole Mangin de Yann Tual. C’est un roman historique original qui redonne vie à une femme exceptionnelle trop longtemps oubliée.
Nicole Girard-Mangin, première femme médecin française à avoir exercé sur le front pendant la Grande Guerre, était une pionnière : brillante, déterminée, féministe et humaniste, elle a refusé les carcans de son époque. Le roman suit son parcours avec justesse, sans tomber dans l’hagiographie. On la découvre ambitieuse, parfois cassante, profondément humaine, confrontée au sexisme ordinaire d’une société qui ne savait pas quoi faire des femmes comme elle.
Ce qui fait vraiment la force du livre, c’est le double narrateur : les chapitres alternent entre la voix de Nicole et celle de Dun, sa chienne. Ce procédé apporte une légèreté et un humour salvateurs dans une période aussi sombre. Les observations de Dun sur les humains, leurs guerres absurdes et les états d’âme de sa maîtresse sont souvent drôles, tendres et pleines de bon sens. Ça rend le récit plus vivant et rend les scènes les plus dures encore plus touchantes.
J’apprécie particulièrement qu’un homme ait écrit ce roman sur le féminisme et sur le destin d’une femme en avance sur son temps. Yann Tual le fait avec respect, sans mièvrerie ni militantisme forcé. Il montre les combats, les résistances, mais aussi la complexité du personnage. Le style est fluide, précis, documenté sans être pesant. On sent le vrai travail de recherche, tout en restant dans une lecture addictive.
Seul petit bémol : la fin m’a paru un peu trop retenue, presque pudique, sur la maladie et la mort de Nicole. Mais ce n’est qu’un détail face à la réussite globale.
Bref, ce roman est à la fois émouvant, intelligent et drôle grâce à ce tandem femme-chienne improbable. Il rend hommage à une figure hors norme tout en rappelant à quel prix les avancées pour les femmes se sont gagnées. Une très belle lecture que je recommande chaleureusement.
Cette phrase, Nicole Mangin l’entend au début des années 1900, dans un salon parisien.
Nicole, la militante, engagée pour les droits des femmes. Nicole, l’opiniâtre, qui défie les conventions sexistes pour intégrer la faculté de médecine. Nicole, l’humaniste, qui instruit et soigne les plus pauvres. Nicole, qui omet, par conviction féministe, de signaler l’erreur de sa mobilisation, et devient ainsi l’unique femme médecin française sur le front de la Première Guerre mondiale.
Dès le début des hostilités, elle se voit confier une chienne berger allemand, Dun, qui ne la quittera plus.
Boulevard Saint Germain, l’aube du 6 juin 1919 se lève sur un mystère. Dun, la fidèle chienne de Nicole, s’impatiente. Pourquoi Maîtresse tarde-t-elle au lit ? Quelle est cette étrange odeur qui envahit la chambre ?